Visite guidée de l’assiette d’un francais…. 1/2
Ça fait un petit bout de temps que je n’ai publié aucun article. Mais je préfère attendre d’avoir des bons sujets intéressants plutôt que de poster à tout va sur des sujet bateaux. Et surtout, pour être honnête, en ce moment je n’ai plus beaucoup de temps à moi et encore moins de temps pour mon blog. Mais promis je vais essayer d’écrire un peu plus souvent.
Aujourd’hui je suis tombée sur la fameuse étude Inca 2 : l’étude individuelle et nationale sur les consommations alimentaires des français, menée par l’AFSSA. J’ai trouvé cette étude particulièrement intéressante surtout pour les personnes travaillant comme moi dans le domaine du marketing de la grande distribution (et plus particulièrement l’alimentaire).
Pour ceux qui ont la flemme de la lire (c’est un beau pavé) ou qui veulent juste assouvir leur curiosité, j’ai remis à plat les chiffres pour essayer de la rendre plus digeste et de la comprendre du premier coup d’œil.
Mais avant tout, juste un petit rappel du déroulement de cette étude : les objectifs, dates et méthodologies.
Alors pour faire simple, l’objectif premier de l’étude est de disposer d’une base de données actualisée sur les comportements alimentaires des français et surtout de voir l’évolution de ces comportements au fil des années. Une première étude avait été menée en 1998-1999, analysant l’alimentation de 2472 français (adultes et enfants de 3 à 79 ans). Cette étude est renouvelée tous les 5 ans afin de voir les évolutions de consommation. La dernière date de 2006 et les rapports finaux viennent d’être publiés. L’étude de 2006 (Inca2) est un peu plus lourde que la précédente car elle concerne 4079 personnes (2624 adultes (18-79 ans) et 1455 enfants (3-17 ans)). L’étude a analysé le comportement alimentaire de ces personnes pendant 7 jours, soit 118 823 repas et prises alimentaires étudiées.
Les résultats sont quand à eux très intéressants et il me semble qu’il est primordial de les prendre en compte dans la stratégie d’une entreprise d’agroalimentaire. En effet ils nous permettent d’appréhender les grandes tendances de consommation et également les préoccupations des français en terme d’alimentation (produits sains vs produits gras, nouvelles attentes,…). Voici un petit résumé haut en couleur de l’étude Inca 2 sur la consommation des français.
Tout d’abord jetons un œil à la consommation des adultes de 18 à 79 ans : Que mangent les français ?

Ce graphe permet de connaître la part de chaque produit dans la consommation quotidienne d’un adulte (18-79ans) : 2700 kg par jour (aliments et boissons cumulés). On y voit par exemple que les fruits et légumes représentent 13% de l’apport quotidien d’un français. Les boissons (eaux, alcoolisées et non alcoolisées) représentent quand à elles 54% de la consommation quotidienne d’un adulte. C’est un donc un segment qui a un fort potentiel pour une entreprise.
Sur le tableau ci-dessous nous avons les quantités consommées par chaque individu ainsi que le pourcentage d’adultes consommateurs de chaque produit. Nous voyons ainsi que seulement 17% des 18-79 ans consomment des céréales de petit déjeuner et qu’ils en consomment 4.9g/j. La consommation de lait est elle aussi plutôt faible : 50% des adultes consomment du lait, à hauteur de 86g/j

En comparant l’étude Inca2 de 2006 avec l’étude Inca 1 de 1999 nous pouvons voir les évolutions de ces consommations : les adultes consomment’ ils plus de fruits et légumes suite aux sensibilisations du gouvernement ? Consomment’ ils moins de produits sucrés ? Cela nous permettra de voir les possibles rétrécissements à venir de certains marchés (comme par exemple le rétrécissement du marché des produits sucrés, type barres chocolatées, pâtisseries… ou même celui des boissons alcoolisées).
Voici les évolutions de consommation (en quantités consommées) que l’on peut faire ressortir :

On voit une belle augmentation de la consommation de fruit frais chez les adultes, ainsi il y a eu une réelle prise de conscience véhiculée par les messages sanitaires « mangez 5 fruits et légumes par jour ».
On remarque également très clairement la progression de la consommation de glaces et crèmes glacées (+30%). Certains pourraient accuser le réchauffement climatique et la nécessité de se « refroidir » par les glaces. Moi je regarderai plutôt du côté des marques telles Haagen-Dazs ou encore Ben & Jerry’s (relancé en 2005 en France donc quelque temps avant le début de l’enquête Inca2) qui ont vu leur service R&D se développer très rapidement afin de proposer de constantes innovations et ainsi attirer les consommateurs vers ces fameuses crèmes glacées aux cookies mi cuits ou encore avec de vraies noix de cajou entières et croquantes. Il y a réellement eu une création de la demande (et un relatif transfert des modes de consommation américain) par ces grands groupes qui ont su finement jouer la carte du plaisir malgré la haute teneur calorique de leurs produits. Un moyen très simple de le vérifier consiste à comparer la part de voix donnée aux fabricants de crèmes glacées en 1999 par rapport à celle de 2006. D’ailleurs, vu l’engouement des français ces 3 dernières années et le buzz crée par Ben & Jerry’s pour ces fameuses crèmes glacées, on ne peut que présager que les résultats de 2011 seront à mon avis encore plus forts en terme de croissance de consommation. En 2006 déjà 33% des adultes déclaraient manger des glaces et desserts glacées, chiffre relativement élevé compte tenu de grand différentiel d’âge contenu dans la catégorie adulte (18 à 79 ans). En effet on peut imaginer (vu le cœur de cible des publicités) que les plus gros consommateurs de glaces parmi les adultes sont plus les 18-40 que les 50-79 ans
Dernière évolution intéressante chez les adultes qui concerne la consommation de boissons alcoolisées. On constate une baisse de la consommation de boissons alcoolisées, surtout chez les femmes (-27% vs -9% chez les hommes). On remarque d’ailleurs que l’écart de consommation entre les hommes et les femmes est assez surprenant. En effet 61% des femmes consomment des boissons alcoolisées avec une moyenne de 63 g/j tandis que 82% des hommes en consomment, et surtout avec une moyenne nettement plus haute de 256g/j. Halala ces hommes….. Quoi qu’il en soit, rappelons-nous quand même que cette étude nous montre que les tendances sont en baisses et que les hommes et surtout les femmes sont de plus en plus sensibilisés aux dangers de l’alcool. Ça ne va pas faire le bonheur de certaines entreprises….. Mais bon je continue à penser que la fin des entreprises vendant de l’alcool n’est pas prévue pour demain, ni pour après-demain.
Voilà ce que l’étude Inca2 nous apprend sur la consommation des adultes en terme d’aliments. Maintenant intéressons-nous rapidement à toute la partie nutritionnelle. Les français mangent’ ils mieux ?
L’apport calorique total demeure stable dans la population adulte : 2474 kcal/j chez les hommes et 1923 kcal/j chez les femmes. Ils sont proches des apports nutritionnels recommandés. Donc jusque là tout va bien. En ce qui concerne les apports bruts en macronutriments, ils sont eux aussi globalement stables. Chez les hommes, la ration se compose en moyenne de 259 g/j de glucides, de 99g/j de lipides et de 99 g/j de protéines.
Chez les femmes, elle contient en moyenne 207 g/j de glucides, 82g/j de lipides et 76 g/j de protéines (en légère diminution par rapport à Inca1).
Les lipides (présents dans les huiles, le beurre, le gras ainsi que quelques viandes et poissons) apportent en moyenne 38,5% de l’apport calorique des hommes et 39,6% de celui des femmes, et restent supérieurs à la recommandation de 35%. Il semblerait donc que les français mangent encore trop de gras.
Les protéines (fortement présents dans les légumes secs, les fromages, les viandes, féculents et produits céréaliers) apportent en moyenne 17,3% de l’apport calorique chez les hommes et 16,4% chez les femmes; chez les femmes, cette contribution est légèrement en baisse. Mais dans les deux cas elles restent supérieures à la recommandation de 15%.
Les glucides (féculents, céréales) apportent en moyenne 44% de l’apport calorique sans alcool, proportion qui reste inférieure à la recommandation de 50%.
Quand à l’apport en fibres, il reste stable chez les hommes (18,8 g/j), et augmente légèrement (+6,7%) chez les femmes (16,4 g/j). Ces niveaux restent néanmoins nettement inférieurs aux recommandations de 25 à 30 g/j. Les fibres sont présents dans le pain ou encore les fruits. Un moyen simple pou augmenter sa « consommation » de fibres si on manque de temps peut se faire par le biais des produits contenant des fruits entiers, comme par exemple les smoothies qui contiennent 100% de fruits mixés et pressés (évitez les smoothies qui ne se conservent pas au frais et qui eux contiennent souvent du concentré bourré de sucre). D’ailleurs Danone conseille lui aussi de consommer des smoothies pour augmenter son apport en fruits (http://www.danoneetvous.com/nutrition-magazine/sante/5_fruits_et_legumes___un_objectif_sante_-10342.php).
Voilà en partie ce que l’on pouvait tirer de l’étude Inca2 en ce qui concerne la consommation des adultes. Vu que ca fait déjà un peu long et qu’il se fait tard, je ferai le point sur les habitudes de consommation des enfants de 3 à 17 ans dans un second post très prochainement. Mais promis les résultats sont tout aussi intéressants….











